DOSSIER :
L'industrialisation de la construction
Désormais, il est possible d’envisager la construction d’une maison sur une chaîne de montage automatisée. De plus en plus de construction bois bénéficient de procédés issus de l’industrie.
Ils ont cherché une machine capable de solutionner certains problèmes rencontrés lors de la fabrication de fenêtres, une machine capable d’usiner toutes les pièces de bois en une seule opération. Cette machine à 700 000 euros devrait être rentabilisée en 6 ans. Cette chaîne de fabrication produit 25 fenêtres par jour et a permis de diviser le temps d’usinage par 4. Il n’est pas devenu pour autant un fabricant de produits standardisés, il ne travaille que sur commande et donc produit du sur mesure. Ils sont pour l’heure les seuls à utiliser cette machine équipée de 125 outils permettant de produire 5 à 6 gammes différentes. Cette machine leur a aussi permis de développer de nouveaux produits comme cette fenêtre en 98mm à triple vitrage pour des performances d’isolation thermique et acoustique élevées, une fabrication unique en France. Le travail est devenu moins pénible pour le plaisir des ouvriers même si certains regrettent de ne plus être maître de leur savoir.
C’est d’abord la perte de contrôle par le savoir faire de l’artisan. Il devient monteur de produit ou exécutant. Il y a un risque de perte de valeur ajoutée si l’on se contente de mettre en œuvre les produits. Le développement des techniques a crée une situation de vide juridique au niveau de la responsabilité de l’ouvrage entre le fabriquant et l’installateur.
Dans cette entreprise, l’industrialisation est chose faite depuis une vingtaine d’années. Cette pionnière a su combattre la culture de chantier qui freine l’industrialisation du secteur du bâtiment. Mais ils ont su faire coexister ces deux mondes grâce à une production industrialisée faite pour et par des gens du bâtiment. Ils produisent 6 maisons par jour dans leurs deux usines. Ces maisons sont toutes différentes, un plan adapté aux besoins du client. Ce plan, passé par le bureau d’étude, sera transformé en modules. Chaque maison est décomposée en éléments qui seront assemblés sur le chantier, avec le plus grand soin afin de ne pas laisser apparaître la pré fabrication. Ils peuvent ainsi construire des maisons d’architecte.
Aujourd’hui la réalisation se fait pour 50% en atelier et 50% sur le chantier, ils souhaiteraient pourtant arriver à 80% en usine. Ils estiment que plus ils amèneront le savoir faire du chantier dans l’atelier, plus ils pourront améliorer la qualité et les prix des bâtiments.
Sur le chantier 5 ou 6 corps de métiers interviennent, c’est moins que dans la construction traditionnelle mais c’est aussi dû au fait que la construction bois permet une plus grande réalisation en atelier. Une maison de 100m² pour 100 000 euros verra son ossature et sa charpente et sa couverture terminées en 3 jours.
Toute cette industrialisation permet de réduire la pénibilité du travail, de pallier à la pénurie de main d’oeuvre qualifiée et de recourir à des professionnels pas forcément issus du bâtiment.