DOSSIER :
Parmi les matériaux qui ont le plus évolué ces dernières années, le verre à couche arrive en bonne place, alors que le vitrage existe quand même depuis des milliers d’années. Il est devenu un standard dans la construction.
C’est un verre sur lequel on a déposé une très fine couche, à peu près deux cents fois plus petite qu’un cheveu, qui donne au verre des propriétés exceptionnelles : amélioration de l’isolation thermique, contrôle du rayonnement solaire. Il existe même une couche qui donne une fonction autonettoyante au vitrage. En guise d’exemple, la protection solaire d’un verre à couche s’approche de celle qu’apporte un store traditionnel. On dit qu’il permet de réfléchir 99% du rayonnement thermique. Il faut donc choisir son verre en fonction de son exposition, de sa région et de l’ombrage.
Les premiers verres à couche datent des années 1970 et on en voit sur les premières tours qui ont été bâties à la Défense. Il s’agissait surtout de couches permettant de réfléchir le soleil.
La deuxième génération des verres à couches est apparue dans les années 1980. Il s’agissait alors d’améliorer l’isolation thermique des vitrages. On a alors inventé des couches spécifiques qui laissaient passer la lumière tout en gardant la chaleur à l’intérieur. Au final, chaque décennie voit apparaître de nouvelles techniques. C’est dans les années 2000 qu’est née la fonction autonettoyante des verres à couche et l’antireflet. A l’heure actuelle, la fonction la plus recherchée est l’isolation thermique. La France, qui était en retard dans le domaine des verres à couches par rapport aux autres pays européens, est en train de rattraper son retard.
En effet, les besoins en verres à couches ont augmenté pour de multiples raisons. D’une part, ils sont obligatoires en France dans la construction neuve et dans la rénovation, y compris dans le tertiaire, notamment ceux qui permettent de renforcer l’isolation thermique afin de bénéficier du crédit d’impôt. (A savoir : le Cékal est l’un des principaux organismes certificateurs pour les produits verriers en France. Il certifie 90% des doubles vitrages) D’autre part, aujourd’hui, les économies d’énergie sont prioritaires ainsi que le développement durable, et les verres à couches ont multiplié par 3 les performances des doubles vitrages classiques.
Les gammes de produits verriers disponibles sont en constante évolution. Architectes et menuisiers seront les principaux prescripteurs sur un chantier. Ce sont donc des professionnels qui suivent de très près les innovations. Les professionnels attendent encore des améliorations, espérant que le verre atteigne les performances des parois opaques, ce dont le triple vitrage se rapproche fortement. On aime également intégrer à ces verres à couches des sérigraphies qui ont une fonction esthétique (des reflets de couleurs) ou même psychologique (le vitrage permet d’éviter, par exemple, l’appel du vide, dans une tour très haute).
Pour un particulier, il est difficile de reconnaître ces verres, car ces couches sont invisibles à l’œil nu. Pour savoir ce que l’on a chez soi, il suffit de placer une flamme derrière le verre et de voir combien il y a d’images et combien de couleurs différentes apparaissent. Là où la flamme est d’une couleur différente, c’est là où il y a la couche.