DOSSIER :
Les solutions multi-énergies dans la maison individuelle
Le but c’est de trouver le meilleur compromis entre consommation, émission de CO2, coût d’installation, coût de fonctionnement et le confort bien sûr. Car aujourd’hui l’enjeu est de taille : à lui tout seul, le bâtiment représente environ 40% de la consommation d’énergie en France et presque un quart des émissions de CO2… Les industriels cherchent donc le moyen de combiner les énergies renouvelables aux énergies traditionnelles.
Près d’Orléans, nous avons visité deux maisons identiques, nommées Castor et Pollux, qui ont été construites dans le but de comparer l’ensemble des systèmes de chauffage, de production d’eau chaude, de climatisation, de ventilation et de gestion d’énergie. Elles sont donc équipées d’un ensemble d’équipements, de testeurs, mais aussi de panneaux solaires, puits canadien…
On y trouve plusieurs systèmes de production de chauffage, aboutissant tous dans la piève qui serait la chaufferie de la maison, pour établir des comparaisons : une chaudière à condensation fioul, un chauffe-eau solaire, une pompe à chaleur double service, fournissant chauffage et eau chaude. Tout cela est raccordé à un système de tuyauteries qui va permettre de distribuer dans les pièces chaleur et eau chaude.
Pour tester le fonctionnement de ces différents systèmes, un vaste réseau de distribution a été installé dans cette maison. 300 capteurs permettent de mesurer la température et l’hygrométrie dans les pièces. Un scénario de vie, géré par ordinateur, a même été pensé pour simuler la présence humaine ! Par exemple l’ouverture des volets vers 6h du matin, mais aussi l’utilisation d’une douche, de l’éclairage, jusqu’à l’humidité que dégage notre respiration.
Il a fallu deux ans pour que ce projet voie le jour. Un projet qui a coûté un million d’euros au chauffagiste qui le finance. Les résultats des tests permettront des applications industrielles et commerciales. L’objectif est de s’adapter à un marché en pleine évolution, car l’ère de l’énergie abondante et bon marché est révolue. Nous ne pouvons plus consommer de l’énergie et émettre du CO2 comme par le passé. Il faudra donc en venir aux énergies renouvelables et donc à la multi-énergie.
Elle a été conçue pour profiter des ressources naturelles tout en se protégeant des contraintes naturelles. On se protège par exemple des rayonnements du soleil avec des « brise-soleil », avec des passes de toit un peu plus grandes, les ouvertures sont bien orientées, optimisées en termes de surfaces…ce qui permet de faire des économies d’énergie, tant l’hiver que l’été. Là aussi on utilise le multi-énergie et le système du puits canadien : l’hiver, on a une entrée d’air frais par ce puits, mais cet air est réchauffé en passant sous la terre et parvient plus doux dans la maison. On ajoute à cela une ventilation double flux qui fonctionne à l’électricité, ainsi qu’un ballon d’eau chaude sanitaire solaire, qui couvre 70% des besoins de la maison et enfin une chaudière à condensation.
Le prix pour cette maison écolo ? 205 000 euros pour 148 m². A cela il faut ajouter le prix du terrain. Ce qui revient à 5 à 7 % de plus qu’une maison classique. Mais les économies d’énergie sont importantes et se traduisent sur les factures. C’est un argument qui n’a pas échappé aux constructeurs, qui doivent se conformer aux normes européennes. Chacun apporte ainsi sa pierre à l’édifice.