Dossier : Les femmes dans le bâtiment
Les chefs d’entreprise n’ont pas le réflexe de faire confiance aux femmes. Il n’est pas très facile de se faire accepter au début, les artisans ne répondent pas souvent à un CV féminin. Les femmes ne représentent que 20 % des personnes présentes sur un chantier. Les réticences peuvent être expliquées par les habitudes et mentalités de ce milieu traditionnellement masculin. Mais c’est un domaine en pleine évolution et la Fédération française du bâtiment s’est fixée comme objectif d’atteindre les 30 000 femmes sur les chantiers et dans les ateliers d’ici 2009, soit le double d’aujourd’hui.
Martine Jordan avec 5 autres femmes ont crée OCRE. C’est une entreprise d’insertion des femmes dans les métiers du second œuvre : il y a d’un côté des femmes avec de la technicité de la volonté et de la méticulosité et de l’autre côté des métiers en tension avec un important besoin de main d’œuvre.
Les femmes ont pourtant de nombreuses qualités. Si elles viennent dans ces métiers c’est par choix. Elles sont volontaires, déterminées, elles apportent une autre vision de la qualité. Elles ont le sens de la finition et savent se faire respecter. Si les débuts sont difficiles, l’évolution se fait rapidement vers une bonne intégration. C’est le cas d’Eugénie, conductrice de travaux. Après la première surprise, les hommes n’ont plus fait attention, ils sont devenus respectueux et tout se passe bien. La présence d’une femme à une réunion de chantier arrive même à détendre l’atmosphère, à dédramatiser les situations.