DOSSIER :
La transmission d’entreprise
C’est une étape délicate qui doit permettre de conserver les collaborateurs, les clients et le savoir faire de l’entreprise. Chaque année, 5000 reprises d’entreprise ont lieu dans le bâtiment. C’est par exemple le cas de Vincent Colla, qui, il y a 9 mois, tout juste sorti d’une école d’ingénieur, a repris l’entreprise de démolition LDT.
Il y a d’abord l’aspect financier, il faut convaincre les banques d’accompagner le projet. Il faut ensuite être crédible tant auprès des clients qu’auprès des salariés. Il est nécessaire d’être à 100% dès le début, de donner le meilleur de soi-même, de faire ses preuves et de se faire accepter. L’enjeu est important et la préparation en amont relève du chef d’entre^prise cédant, il peut u avoir 3, 4 ou même 5 ans de préparation à la transmission. Tout au long du processus, un accompagnement par la fédération française du bâtiment est possible.
Certains futurs repreneurs souhaitent se préparer aux difficultés d’une reprise et suivent donc cette formation. Qu’ils soient ouvriers ou membres d’une entreprise familiale, tous ont des doutes. Ces jeunes viennent surtout chercher une formation de gestion. Le métier est déjà maîtrisé, reste l’aspect administratif. Ils ne peuvent pas compter seulement sur le cabinet comptable de l’entreprise pour la faire fructifier. Ces 400 heures de formations vont permettre de réduire les risques d’échec qui se situent autour de 15 %. Quand l’entreprise est saine et solide, tout se passe bien du point de vue gestion.
Au-delà de l’aspect administratif, une transmission a des implications humaines et ce sont des difficultés qu’il faut surmonter. Dans le cadre de la reprise d’une entreprise familiale, les jeunes rencontrent des difficultés pour faire admettre les orientations qu’ils veulent donner à l’entreprise et se heurtent parfois aux réticences des parents qui ne veulent pas « lâcher leur bébé ». Même dans le cas d’une reprise par un salarié des craintes existent. Zoran, plombier depuis 17 ans souhaite reprendre l’entreprise de son patron. Il se demande si il arrivera à avoir autant de clients, s’il sera accepté. Il ne veut pas, non plus, saboter le labeur des deux générations qui lui ont précédé.
Autant de difficultés qui font que les relations avec le patron sont une des conditions de la réussite de la transmission, il faut des compromis des deux côtés. Et dans tous les cas, il faut se faire accompagner pour éviter les embûches qui ne manqueront pas de se présenter.